La littérature, ennemie née de la peinture

Texte complet ici [pdf]

Conférence du 6 mars 2014 au séminaire « Art et Vie » de R. Scherer à l’université Paris 8

« La littérature, cette ennemie née de la peinture », disait Renoir et l’absence salutaire de sens en peinture selon Freud, Derrida et Lyotard

Le gentil Renoir, ou tout au moins le sensuel et gentil Renoir dans ses peintures au point de se retrouver, on l’a souvent souligné, sur les boîtes de chocolat, a pourtant proféré une des phrases les plus radicales qu’on puisse imaginer concernant les rapports entre peinture et littérature.
Bien sûr, il le dit dans un contexte qui vise plutôt les critiques d’art, souvent écrivains, et dont la prose fausserait le jeu de la reconnaissance artistique pour les jeunes peintres.
« Renoir est moins convaincu que d’autres de l’importance du soutien que peuvent leur apporter les écrivains. Des années plus tard, il maugrée : « Et tous ces tâtonnements de jeunes gens pleins de bonne volonté, mais ne sachant encore rien, auraient peut-être passé inaperçus, pour le plus grand bien des peintres, sans la littérature, cette ennemie née de la peinture.[…] » »1

Toutefois la formule fait thèse et fait aussi écho à la position des peintres impressionnistes à l’égard de la littérature, elle entre en résonance avec des recommandations non moins sévères de Cézanne disant et écrivant à Emile Bernard de ne jamais tomber dans la littérature – en peinture. L’expression peinture littéraire était d’ailleurs très péjorative à cette époque. Les cubistes, les fauves garderont la même attitude et ce n’est que par le dadaïsme et le surréalisme qu’une restauration des images littéraires a pu voir le jour au point de faire oublier cette radicalité anti-littéraire de la modernité picturale. Duchamp acheva la confusion, en étant bientôt relayé par les néo-avant-gardes pop et minimaliste. S’ensuivit un oubli de la recherche formelle en peinture et un oubli de la plastique pure. […]

LIRE La littérature, ennemie née de la peinture en PDF